Le dernier pleureur

Il se nommait François Mayotte, et les cochers des pompes funèbres le connaissaient bien, car il ne manquait jamais de leur donner un pourboire, invariablement fixé à la somme de 50 centimes. De même qu’il existe des enfants voués au bleu ou au gris après une maladie conjurée, de même François Mayotte, sauvé par miracle d’une fièvre typhoïde, avait fait vœu d’assister à un enterrement au moins par jour. Il y a quelques jours, il annonçait à ses amis du café de Suède que le convoi d’Anicet Bourgeois avait été son sept mille huitième. La semaine suivante il assistait au sept mille neuvième : le sien. Ce devra être le dernier.

homme qui pleure

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