Le marais aux sangsues

Voulant établir à peu de distance de Sequana un marais à sangsues, le sieur Lanquié, ancien pharmacien, avait trouvé, au petit village de Montigny-la-Mare, les conditions qu’il cherchait. Il avait acheté, pour nourrir les précieux annélides de sang vivant, un cheval taré et infirme, et il avait chargé son fils Adolphe, âgé de treize ans, de conduire le pauvre animal aux sangsues, dont il devait être quotidiennement la proie.

Une heure après le départ de l’enfant, on vit revenir le cheval tout sanglant, les jambes couvertes d’annélides.

Le petit garçon ne reparaissant pas, on pensa qu’un accident était arrivé, et l’on courut au marais.

Dans un endroit où l’eau fangeuse était teinte de sang, on aperçut le jeune Adolphe faisant de faibles et vains efforts pour sortir de la vase dans laquelle il était enfoncé. Les sangsues, par myriades, s’étaient attachées à lui d’autant plus aisément qu’il n’avait qu’un pantalon de toile très-large, sans caleçon et sans bas. Il perdait tout son sang.

Les cris jetés par l’enfant n’avaient pas été entendus à cause de l’heure matinale, et personne n’était venu à son secours. On ignore comment il était tombé dans le marais. On suppose qu’il avait été entraîné par le cheval devenu indomptable. Son épuisement était tel qu’il ne tarda pas à succomber.

sangsue

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