Chicard

« Il s’appelait Chicard, le grand Chicard. Son nom était populaire autant que le nom du bœuf gras. […] Ce merveilleux inconnu vivait six semaines de la vie et de la fièvre ardente des triomphateurs ; tant que durait le carnaval, il était le maître absolu (ludi magister) de cette ville ouverte à toutes les fantaisies de l’heure présente. Il donnait le premier le signal de la danse et de toutes les bombances qu’elle amène avec elle ; il se retirait le dernier de la fête accomplie ; il ne s’avouait vainqueur et content qu’à l’heure où il n’y avait plus dans toute la ville essoufflée un bouquet de violettes, une bouteille de vin d’Aï, une robe neuve, un soulier neuf, un violon intact. […] Il n’a jamais senti la fatigue ; il n’a jamais dit : J’en ai assez ! Sur les ruines du monde il eût dansé, il eût valsé, pour peu que sur les ruines du monde un galoubet fût resté pour indiquer le menuet de la fin des siècles accomplis ! »

Portrait tiré du Voleur illustré

Publicités
Cet article, publié dans Portraits, Sequana ancien, Sequana moderne, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s